Musique et métadonnées

Compte-rendu – Atelier Culture et Entreprenariat – Les métadonnées comme outil de promotion de la musique en ligne

8 juillet, 2014 (http://blog.offrelegale.fr/index.php/2014/07/compte-rendu-atelier-culture-entreprenariat-les-metadonnees-comme-outil-de-promotion-de-la-musique-en-ligne/#comment-203)

L’Hadopi a organisé un atelier à destination notamment des (futurs) créateurs de plateformes de diffusion culturelle en partenariat avec le MILA – La rue de la musique, le 3 juillet dernier. Cet atelier a abordé les enjeux liés aux métadonnées du secteur de la musique et a mis en avant certaines initiatives cherchant à les enrichir, les réutiliser et les diffuser plus largement.

On entend par métadonnées les données descriptives de tout contenu en ligne. Les intervenants ont expliqué à cette occasion les méthodes qui permettent d’enrichir les métadonnées de leur catalogue et le rôle que jouent celles-ci dans la mise en avant des contenus. Des professionnels spécialisés dans la qualification des métadonnées, ou simplement concernés par cette problématique, ont ainsi apporté leur retour d’expérience dans un cadre favorable aux échanges modérés par Magali Clapier, responsable du développement et des partenariats chez Transparency Rights Management.

Après une brève introduction d’Aude Merlet (coordinatrice du MILA) et de l’Hadopi, Jean-Luc Biaulet, président de MusicStory, a ouvert l’atelier.

Premier intervenant, Jean-Luc Biaulet a présenté d’une part le marché des métadonnées dans la musique en ligne et d’autre part l’activité de Musicstory.

MusicStory est une société française spécialisée dans le traitement et l’enrichissement des métadonnées pour le secteur de la musique. Elle agrège les données propres à l’univers musical (catalogues digitaux, photos, comptes sociaux, etc.), les qualifie et réalise sa propre éditorialisation des contenus artistiques. L’originalité de Musicstory est de mettre à disposition ses services sous formes d’API et de flux de données, ce qui permet d’intégrer les métadonnées de la musique dans des players web, applications tout en étant disponibles sur tous supports (ordinateurs, tablettes et smartphones).

Tout utilisateur d’internet, qu’il soit producteur ou consommateur, a la capacité d’influer sur les métadonnées. De cet état de fait, divers enjeux peuvent être dégagés. Selon Jean-Luc Biaulet, les métadonnées sont des supports de la recommandation, des outils de construction d’une identité sociale et des générateurs d’interactivité, capables de modifier sensiblement le marché actuel. Par ailleurs, étant indispensables pour le référencement, la programmation et la viralité via les réseaux sociaux, les métadonnées participent de la co-construction de l’industrie culturelle. Les risques d’incohérence, d’erreurs et le nombre conséquent de métadonnées impliquent néanmoins que soient effectués des retraitements de données. C’est pourquoi des solutions sont à trouver pour dégager des ressources, reconstruire l’offre et ainsi gagner en productivité. De plus, au regard du droit, les métadonnées sont essentielles, parce qu’elles favorisent la transparence d’internet.

Il est cependant nécessaire de mettre en place des leviers d’identification, d’enrichissement et d’usage, pour que le potentiel des métadonnées soit mis à profit. La production de métadonnées de qualité, la convergence vers des données de référence et l’ouverture contrôlée des métadonnées s’imposent alors, selon Jean-Luc Biaulet, comme indispensables. La connaissance de ces fonctions est, par ailleurs, un avantage certain pour un artiste désireux d’être reconnu sur internet. Jean-Luc Biaulet prend l’exemple des métadonnées descriptives d’un artiste, en commençant par son nom. Pour que les usagers d’internet aient facilement accès aux productions d’un artiste, il faut que son nom soit suffisamment singulier pour se dégager de la masse de métadonnées descriptives déjà existantes. Autrement dit, précise Jean-Luc Biaulet : « Un artiste qui prend comme nom d’artiste une lettre unique, c’est un suicide numérique ».

En guise de conclusion, il affirme qu’il est désormais crucial de dépasser les discussions clivantes, comme celles opposant l’ouverture des données à leur fermeture, la facilitation des initiatives aux grands projets ou encore la nouvelle économie à la volonté publique.

Hugo Bon, fondateur d’Echopolite et de Soundytics, est quant à lui intervenu pour présenter son activité, ses solutions d’analyse de musique, sa méthode de qualification des métadonnées et sa position sur la complémentarité entre l’enrichissement des métadonnées par Musicstory et la qualification des œuvres par la solution Soundytics.

Echopolite est un label en ligne, un distributeur indépendant et une plateforme de vente pour artistes autoproduits. Soundytics est un développeur de solutions B2B pour les éditeurs de musique en ligne, les plateformes de streaming et les développeurs, qui tente de répondre à tous les besoins en matière de services musicaux en proposant un moteur de recherche de musique avancé, une interface permettant une cartographie des données, mais aussi un service de « playlisting intelligent ». Hugo Bon amorce son discours en préférant l’expression de « recommandation de la musique en ligne » à celle de « promotion de la musique en ligne ». Selon lui, la recommandation est le fait de mettre en avant les qualités d’une œuvre pour qu’elle soit repérée par les utilisateurs de musique en ligne. Celle-ci se matérialise par les « tops écoutes », les « coups de cœurs » ou les « nouveautés », visibles sur les plateformes de musique en ligne.

La recommandation permet de découvrir l’univers musical, de diversifier ses écoutes, et de promouvoir des artistes peu visibles. Pour être effective elle exige en amont deux choses : une connaissance sociale de l’utilisateur et une connaissance du contenu qu’il consomme. En outre la recommandation personnalisée s’appuie sur deux piliers : une recommandation humaine et une recommandation automatique. Cette dernière repose sur une typologie des métadonnées, qui comprend les métadonnées basiques de gestion (auteur, compositeur, prix, etc.), jusqu’aux métadonnées dîtes acoustiques (rythmes, humeurs, les catégories d’instruments, etc.). L’ambition d’Hugo Bon est donc celle de croiser « l’ADN musical avec le désir humain ».

Clothilde Chalot, co-fondatrice de NoMadMusic, a proposé lors de cet atelier son point de vue sur l’enrichissement des métadonnées. Elle a exposé la capacité d’une jeune startup telle que NoMadMusic à pouvoir enrichir les métadonnées. NoMadMusic est une plateforme de musique augmentée, dédiée aux genres dits « savants », qui héberge un label et un webzine généraliste (pop, rock et consorts). Lancé en janvier 2014, elle offre aux internautes la possibilité de télécharger des albums de musique classique, du monde et de jazz avec un accès libre aux livrets multimédias. La pratique de NoMadMusic a permis de mettre en lumière la difficulté des métadonnées à englober la richesse des informations que peut contenir un répertoire aussi singulier que celui d’un répertoire de musique classique. En effet, un morceau de musique classique doit rarement son existence à un seul artiste, un seul compositeur et un seul interprète, mais à une pluralité d’acteurs.

Ce retour d’expérience a ainsi permis aux participants de cet atelier de saisir la complexité de la mise en valeur d’un catalogue original sur les plateformes populaires et de mettre en avant une proposition de base de données ouverte, portée sur la musique classique, permettant l’agrégation de plusieurs plateformes spécialisées dans le domaine.

 
Retrouvez également la présentation de Music Story lors de cet événement ci-dessous :

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Le futur des systèmes de recommandation en musique ?

Lors de sa participation à la Conférence LeWeb14 qui se tenait à Paris en décembre 2014, France Télévisions a présenté plusieurs innovations liées au développement du numérique, proposant à l’INRIA de concevoir des applications pratiques pouvant déboucher sur des usages concrets par les publics. Si ces innovations concernent au premier chef le secteur de l’audiovisuel, il est assez facile d’extrapoler leurs retombées dans le domaine de l’écoute musicale. J’ai retenu ici deux de ces innovations, dont je laisse au lecteur le soin d’imaginer comment elles peuvent être transposées au champ musical, et ce qu’elles pourraient changer aux pratiques de recommandation et d’écoute…

 

1Grande première dans le secteur de la recommandation numérique : vos émotions pilotent PLUZZ !

Parmi les sujets du Web’14, ceux liés à la santé et à l’utilisation du corps humain comme source de données sont très attendus.

Les équipes de France Télévisions et celles de la start-up Mensia Technologies présenteront une nouvelle interface numérique disruptive qui utilise les données électriques de votre cerveau pour piloter des services tout à fait étonnants.

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La recommandation de programmes en fonction de votre humeur ! Un simple casque muni de petits capteurs pourra transmettre des données émises par votre cerveau, traitées en temps réel par les applications de neurophysiologies de cette jeune start-up rennaise.

Une expérience inédite pour connaître en temps réel l’état de vos émotions, et permettre d’adapter la recommandation en fonction de différents états : sérénité, nervosité, fatigue, etc. Stressés ? Pluzz vous proposera un programme relaxant.

Hébergée dans les locaux hospitaliers de l’ICM (Institut du Cerveau et de la Moelle Epinière) de la Salpêtrière à Paris, Mensia Technologies a brillamment mis en pratique le logiciel OPEN VIBE des chercheurs de INRIA.

Spelling permet de deviner les chiffres ou lettres auxquels vous pensez et les afficher à l’écran : une sorte de clin d’oeil futuriste à la célèbre émission des Chiffres et des Lettres. Enfin vous pourrez aussi, d’un simple coup d’œil, déplacer les logos des chaînes du groupe France Télévisions par un procédé appelé Neuro Feedback.

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Loin d’être de la science-fiction, de grands fabricants d’électronique grand public s’intéressent déjà aux travaux de Mensia Technologies espérant inventer les usages, produits et services de demain.

2Le Big Data et la recommandation affinitaire

Les experts savent à quel point les technos de recommandation sont importantes pour un nombre croissant de services numériques, mais jusqu’à présent peu de solutions se sont appuyées sur des modèles issus des sciences mathématiques et informatiques pour générer de puissants algorithmes de recommandation en temps réel.

Depuis 2008, alors que ces sujets étaient embryonnaires, les chercheurs de INRIA ont décidé de lancer le projet académique « Gossple », qui a donné naissance à une autre start-up : Mediego. Incubée par INRIA, elle s’est spécialisée sur la recommandation dite « affinitaire ».

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Si des secteurs importants de l’industrie de l’internet ont vu l’intérêt d’une telle technologie, pour des services de jeux ou de e-commerce par exemple, les algorithmes de cette jeune pousse ont été réellement déployés pour LeWeb14 sur la plate-forme PLUZZ de France Télévisions. 

Sera ainsi démontré qu’en quelques millisecondes de temps de traitement, plusieurs millions de profils d’internautes sont analysés afin de vous recommander des programmes TV de rattrapage sur la base de profils aux goûts similaires aux vôtres !

meta-media.fr/2014/12/07/france-tv-15-innovations-avec-inria-et-plein-de-start-ups-leweb14.html

Algorithmes de la recommandation

Le fossé va-t-il commencer à se réduire entre la radio et les services de streaming, l’écoute musicale en ligne ? C’est en tout cas l’intention de ses deux principaux acteurs en France, Deezer et Spotify, qui déploient en ce moment des nouvelles technologies pour prendre par la main leurs utilisateurs les plus passifs en leur proposant un programme taillé sur mesure à coups d’algorithmes high-tech et de traçage de leurs habitudes.

L’équation est relativement simple : les services de streaming veulent hameçonner les internautes pour les faire revenir et finalement rester, s’attacher à leurs fonctionnalités et devenir un jour abonnés payants. «Nos utilisateurs s’abonnent soit le premier jour, soit au bout de trois ou quatre mois», indique à Libération Daniel Marhely, fondateur de Deezer, une entreprise toujours installée à Paris mais de capitaux désormais très internationaux. C’est à peu près la même chose chez le suédo-britannique Spotify. Il faut donc «rendre l’usage addictif», continue Marhely.

L’affaire est assez vite pliée pour les 5% à 10% de dingues de musique, très engagés et insatiables, qui savent souvent ce qu’ils veulent écouter. Mais même eux veulent se laisser porter de temps en temps, pendant un dîner ou un trajet en voiture. Ils rejoignent alors les rangs ultramajoritaires des casuals, les auditeurs plus ou moins passifs, plus ou moins avides de découvertes, ceux qui viennent pour écouter le nouvel album de Souchon et Voulzy mais se retrouvent bien embêtés pour savoir quoi écouter ensuite (lire ci-dessous).«Pendant longtemps, la réponse a été de construire la musique à la demande», explique Alexandre Croiseaux, qui s’occupe des évolutions des fonctionnalités de Deezer. L’internaute pouvait demander à la machine de lui composer une playlist à partir d’un artiste ou d’un genre. Mais difficile, dans cette logique, de sortir les amateurs de rock du rock, et au bout d’un moment l’intérêt s’émoussait, et les auditeurs filaient papillonner ailleurs, chez YouTube ou sur une radio.

Flicage. Deezer et Spotify sont donc passés à l’étape suivante avec des outils en bonne partie similaires. «Notre approche aujourd’hui, c’est de comprendre la musique comme les auditeurs la comprennent», détaille Jim Lucchese depuis New York, où le patron de The Echo Nest a désormais rejoint Spotify après le rachat de ce géant de la donnée musicale en mars – pour environ 100 millions de dollars (80 millions d’euros) selon la presse américaine. «Il s’agit d’enseigner aux ordinateurs comment nous entendons la musique pour dépasser le filtrage collaboratif», c’est-à-dire la logique désormais bien connue du «vous avez aimé Michel Delpech, X a aussi aimé Michel Delpech et écouté Depeche Mode, vous aimerez donc probablement Depeche Mode» (et en plus ça vous fera du bien).

Cet apprentissage informatique se divise en deux branches qui se conjuguent : analyse sonore et analyse de textes. Deezer et Spotify ont commencé par scanner en profondeur leur gigantesque base musicale de plus de 30 millions de titres pour en tirer un portrait précis de chacun. «Le timbre, le tempo, la présence de tel ou tel instrument, la nature acoustique, électrique ou électronique de la musique, la voix… On est aujourd’hui capable d’entendre la musique comme un humain, continue Jim Lucchese. Mais ces données ne suffisent pas. Par exemple, elles ne permettent pas de différencier une chanson de rock chrétien et une autre de death metal. Il fallait donc comprendre aussi le contexte culturel de la musique.»

Pour cela, Spotify indexe désormais «10 millions de textes qui parlent de musique» chaque jour. Des blogs, des chroniques de disques, des articles, des tweets, des paroles… Afin, de capter les mots-clés récurrents attachés à un artiste ou un disque et enrichir sans arrêt un algorithme – ou cinq, comme chez Deezer, qui tournent en concurrence à la recherche du meilleur équilibre. L’entreprise française ajoute à cette analyse sonore le scan de «1 500 radios», selon Alexandre Croiseaux, pour apprendre de leurs associations et choix sonores, et les choix de 50 personnes, chargées de repérer des disques dans l’actualité.

Avec toutes ces données, Deezer et Spotify ont les moyens de «customiser l’ensemble de l’expérience pour chaque utilisateur», poursuit Croiseaux. Mais il faut pour cela connaître ces internautes en profondeur. C’est le rôle du «taste profile» chez Spotify, qui établit pour chacun de ses abonnés – payants ou pas – une carte d’identité qui trace la moindre de ses habitudes. Vous écoutez des chansons pour enfants le matin avec la petite dernière mais plutôt Sigur Rós en allant au travail en voiture (70% des écoutes mobiles sur Deezer sont directement connectées et non en mode off-line aujourd’hui) ? Vous faites du sport entre midi et deux chaque mardi ou vous aimez écouter votre playlist nommée «trucs cons mais bons» en rentrant vers 18 h 30 ? Deezer et Spotify le savent, comme ils savent assez précisément où vous êtes grâce à la localisation de votre adresse IP et peuvent grâce à cela «répondre de la bonne façon sans que vous ayez à nous donner des informations», avance Ajay Kalia, qui est en charge du «taste profile» chez Spotify. On y verra, selon sa sensibilité, un flicage en ligne de plus ou un nouvel outil technologique utile.

Talk-shows. De la même façon, un algorithme trouvera le bon curseur entre vos tubes et des titres plus «découverte», afin de vous les proposer au bon moment puisqu’il vous aura classé dans les découvreurs, les casuals ou quelque part entre les deux. Il aura aussi déterminé au préalable que vos champs musicaux de prédilection se trouvent au croisement de la pop électronique d’Animal Collective et de la soul vintage de Sam Cooke… Tout cela pour «réduire l’effort qu’un utilisateur doit faire pour avoir droit à la longue session d’écoute ininterrompue qu’il souhaite à un moment donné», revendique carrément Jim Lucchese. Ne bougez pas, on s’occupe de vous, quitte à faire disparaître les heureux hasards par lesquels tant de disques ont trouvé leur public.

En pratique, Spotify cache cette mécanique un peu partout, pour affiner une recherche ou des recommandations, mais surtout pour construire des radios personnalisées et des playlists thématisées (repas, fête, voyage…). Deezer va un peu plus loin en proposant «Flow» depuis le mois d’avril, un unique bouton qui déclenche une playlist infinie construite rien que pour vous mais pas par vous. Cet article a ainsi été écrit en écoutant Nina Simone, Mahmoud Ahmed, William Onyeabor ou James Blake, un programme plutôt adapté au moment, ni trop effacé ni trop agressif. Selon Alexandre Croiseaux, Deezer atteint aujourd’hui «des taux de satisfaction équivalent à une playlist que vous auriez construite vous-même».

On comprendra que tout cela n’est qu’un début. Les services de streaming savent que, comme Google s’est rendu indispensable avec son moteur de recherche mais surtout avec sa boîte mail ou son service de cartographie, leur avenir dépend de leur capacité à faire intimement partie de la vie quotidienne des internautes. Deezer compte ainsi intégrer bientôt à Flow des émissions de radio, ou plutôt des segments isolés de talk-shows choisis avec précision pour répondre là encore à vos goûts. Pour cela, le Français a racheté l’Américain Stitcher en octobre, spécialisé dans le découpage de podcasts façon cuisinier japonais. Ses équipes imaginent déjà leurs utilisateurs au volant de leur voiture, à l’écoute de cette radio aux ressources infinies qui leur parle directement, rien qu’à eux. Ou plutôt à ce qu’ils sont selon une machine.

Dessin Serge Bloch

Mise à jour le 1er décembre à 13h: Nous avions mal interprété un chiffre communiqué par Deezer dans une précédente version. Le chiffre de 70% renvoit à la part d’utilisateurs qui sont directement connectés à Internet lors d’un usage mobile. La phrase a été corrigée.

Sophian FANEN

ecrans.liberation.fr/ecrans/2014/11/27/spotify-et-deezer-l-algorithme-dans-la-peau_1152112